LES QUATRE-UN-QUART FONT DU SKI
- Nicolas as Mochman;
- David as Dib;
- Florent as Flo;
- Arnaud as No;
- The paquet of Chips as Himself.
Un homme a dit un jour: "Un petit pas pour l'homme, un bond de géant pour l'humanité". Vous voyez, c'est typiquement le genre de phrase dont a strictement rien à foutre lorsqu'on se retrouve avec des skis aux arpions pour la première fois de sa vie et que par la volonté d'un facétieux et fortuné compagnon, vous vous retrouvez à noircir votre slip PlayTex au sommet d'une piste à 45% ("Ca veut dire que la piste est pas encore finie et qu'on peut skier que sur un côté de la montagne, j'crois...")...
Voici, mes amis, en exclusivité mondiale mais pas nationale, le récit de l'une de mes plus périlleuses aventures depuis ma virée au Sauna Eros, qui me mena, il y a de cela quelque temps déjà, aux portes de la crevardise et de l'onglerie... Récit que je vous relate aujourd'hui en mon nom, mais aussi et surtout, en celui de mes inoubliables acolytes sans qui ce séjour à la neige n'aurait pas eu plus de saveur qu'une partouze à deux...
Pour toi, public...
C'est par un brumeux après-midi de janvier que notre ami Florent (9ème fortune de France) nous fit la grâce, à Arnaud, David et moi-même, de nous convier à un sympathique séjour à Gourette, charmante petite station des Pyrénées Atlantiques. Et déjà, sur les lieux du rendez-vous, l'engouement généralisé pour le départ était palpable...
- Flo: "Bon putain, qu'est-ce-qui branle ce connard de pauvre?"
- No: "Bah, j'sais pas: j'crois qu'y avait une distribution gratuite de pain rassis en plus de la soupe populaire cette semaine..."
- Dib: "Enculé de RMIste à la mine triste/ Sinistre homme priant le Christ/ Pour mendier un sursis, rester en liste/ La piste noire l'attend et..."
- Flo: "Bon, ta gueule K-Maro. T'es pas dans ta cité de merde ici!".
(4 heures, 47 minutes et 3 secondes plus tard)
- Flo: "Ah, quand même, saloperie d'assisté social! C'est quoi qui t'as retenu cette fois-ci: le décompte de toutes les allocations qu'on donne à ta famille de voleurs illettrés ou le temps passé à laver des pare-brise aux feux rouges?"
- Mochman: "Non, c'est pas ça du tout: je suis aller me recueillir sur la tombe de mes ancêtres. Je la sens mal, cette semaine à Gourette, les mecs..."
- No: "Bah t'inquiète, le pourcentage de débutants morts dans cette station avoisine à peine les 47% et on s'est renseigné la neige est molle en ce moment: on galèrera pas trop pour creuser ton trou..."
- Dib: "Acrimonie des champs en mode neigeux c'est jeute/ J'entends déjà ces tapettes gueuler leur rage à mon passage sur leur beute/ Battez-vous contre mon ski style destruction massive/ Agressive est ma luge, du grabuge dans les gencives/ Je..."
- Flo: "LA FERME ou j't'offre l'intégrale de Booba!!!".
Située à quelque 55 minutes de notre chère ville de Pau, la non moins chère bourgade de Gourette nécessitait donc, pour être dûment ralliée, que nous recourûmes au service d'un engin motorisé à coût modéré. Et c'est tout naturellement que chacun voulut proposer son propre véhicule...
- Flo: "Bon, crève-la-faim, je suppose qu'on va pas prendre ton taquot d'merde pour monter?"
- Mochman: "Bah c'est-à-dire qu'ma voiture supporte mal le froid, l'altitude, les pentes, le vent, les gravillons, les poussières, le regard des autres voitures (!) et comme j'suis un peu juste niveau finances, j'ai pas pu mettre l'essence..."
- No: "Laisse, j'prends la mienne. En plus, j'ai surboosté le moteur, l'injection est tip-top, j'ai remplacé tous les jeux de phares, les boomers sont réglés sur MAX. Ca va envoyer la fougère, les mecs!"
- Dib: "Nix, y'a moyen d'kiffer du lourd niveau son/ Nisay, Salif, Ness Beal, Saïan Supa, Cliqua, Caution/ M'fais pas languir, lance des crimes audios et rien d'idiot/ J'crie "yo!" s'tu poses en cainri et "chokrane" si tu m'balances du cainfri, rho!/ Vas-y..."
- Flo: "Bon, David, tu m'ressors une de tes rimes de crâmeurs de voitures et tu fais le reste du chemin à pied. Compris, racaille? Ou peut-être qu'un coup de karsher pourrait t'éclaircir les idées? Alors No, t'as quoi comme musique?"
- No: "Une tuerie incroyable...".
(après 45 minutes et 13 secondes de Coldplay...)
- No: "J'vous avez pas menti les mecs... Une tuerie!"
- Dib: "Euh... Flo, en fait, j'la veux, l'intégrale de Booba. Vite s'te plaît..."
- Flo: "Ta gueule bordel! C'est génial Coldplay. "You and me are floating on a tidal wave.../
Together/ You and me are drifting into outer space.../ And singing!" C'est pas de la musique de voyous ça. Ils comprendraient pas les paroles, ces cons..."
- Mochman: "Euh... No? Est-ce que tu crois, toi aussi, qu'un ami doit pouvoir tout pardonner à un autre ami (même moche) comme par exemple s'il avait un peu vomi sur la banquette arrière de son auto?"
- No: "Euh, pourquoi une telle question?"
- Mochman: "Non non, pour rien...".
La magnificence des lieux était telle que le profane que j'étais ne pouvait que s'extasier en silence devant le spectacle offert à ses yeux ... Mais déjà, le soupçon d'inquiétude qui voilait ça et là l'éclat coutumier de mon visage ne passa par inaperçu et mon hôte me tînt à peu près ce langage pour me rassurer...
- Flo: "Rhâ putain, c'est quand même beau la montagne! Pas vrai, les misérables? Enfin, le miséreux?"
- Mochman: "Mouais, euh... C'est quand même haut comme montagne, non? T'es sûr que c'est pas trop pour un débutant, j'ai jamais eu de skis aux pieds, moi..."
- Flo: "Et tu veux les mettre où tes skis? Aux mains, connard? Et puis, un truc élevé, froid, insalubre, dangereux et surpeuplé, ça devrait pas te changer de ton HLM tout pourri, non?"
- Mochman: "Vu comme ça...".
Non content de nous faire toucher du doigt le rêve des cimes enneigées et du traditionnel vin chaud matinal, Florent nous ouvrait en plus de bon coeur les portes de son charmant pied-à-terre; et cela sans la moindre concession de sa part...
- Flo: "Voilà l'appart' les mecs!"
- No: "Pas mal du tout! T'es proprio ou c'est juste un contrat-bail de 9 ans, renouvelable par tacite reconduction en cas de silence du bailleur sauf si..."
- Flo: "Oulala hopopop! Fais bien attention, y'a des règles ici: "Toute mention ou allusion à des connaissances acquises au cours du semestre de droit est inconditionnellement proscrite; tout contrevenant étant passible d'une éviction définitive du lieu de commission de ladite infraction"."
- Dib: "Ghetto S.T.A.R. jusqu'à la moelle/ Malgré moi, rien n'apaisera jamais mon râle/ Mais ce putain d'appart f'ra l'affaire pendant le temps qu'jai à tirer ici/ Alors, j'bicru check les soces en attendant de vivre à Passy/ Je..."
- Flo: "Deuxième règle à ne pas perdre de vue, les enfants: "Toute manifestation artistique ayant, de près ou de loin, vocation à troubler l'ordre social en appelant à la révolte des banlieues contre les honnêtes gens du centre-ville est prohibée; tout contrevenant étant passible d'une éviction définitive du lieu de commission de la dite infraction couplée à une expulsion manu militari du territoire national par avion charter pour trahison à la Nation"."
- Mochman: "Ce studio est vraiment grand. C'est quoi ça là, le salon?"
- Flo: "Non, le placard à balais..."
- Mochman: "Et cette pièce-là, c'est bien la première fois que j'en vois une de la sorte... C'est quoi?"
- Flo: "J'le crois pas... C'est une salle de bain... Mais, j'ai pas envie qu'tu m'salisses mon savon. Alors, si tu veux te laver, t'iras te rouler dans la neige jusqu'à temps qu'tu sentes plus l'oeuf avarié!"
- Mochman: "Sinon, il est joli ce tableau..."
- Flo: "STOP!!! Bon alors, que ce soit clair pour tout le monde, je vais faire simple: vous touchez à rien; vous salissez rien; vous utilisez les chiottes que si vous avez vraiment besoin et que vous pouvez pas chier dans la neige parce qu'y a trop de monde qui regarde; et enfin, si vous voulez juste péter, vous allez sur le balcon et vous faites ça en silence.".
Les lieux appréhendés, ne nous restait plus qu'à faire connaissance avec les autochtones et leurs coutumes si particulières. Cela devint réalité lorsque nous dûmes nous équiper auprès d'un magasin spécialisé et là encore, la légendaire générosité de l'homme de la montagne, loin d'être usurpée, a eu tôt fait de se vérifier...
- No: "Bien le bonjour, homme de la montagne. Qu'as tu de beau à nous proposer dans ta fringante échoppe qui fleure bon le sapin et la wax?"
- Dib: "Allez, raccro déserre l'étau qu'tas à la place du coeur/ Accoure ici, pas d'parano, lâche nous des sappes d'skieurs/ Dis à la pute derrière la caisse d'nous faire un ceau-mor d'réduc'/ Sinon j'la kène et elle s'ra bonne à s'péta seule toute en rééduc'/ Bitch..."
- Mochman: "Euh, M'sieur, j'crois qu'j'ai fait caca dans mon pantalon. vous voulez pas m'indiquer les cabinets?"
- Le vendeur: "Merde, des romanos!!! Foutez-le camp ou j'vous dégomme, saloperies de mendiants! Régine, sors-moi la carabine, l'entraînement de biathlon est avancé de 45 minutes aujourd'hui!"
- Flo: "Calme-toi Jean-Michel, ils sont avec moi. Tu vas bien?"
- Le vendeur: "Oh! Florent comme ça m'fait plaisir, bon sang de bois! Ma foi oui, ça va pas tro mal. J'ai dernièrement..."
- Flo: "C'est bon ta gueule, j'men fous. Rends-moi un service: donne à mes amis de quoi skier et fissa."
- Le vendeur: "OK. Bon suivez-moi dans l'arrière boutique, j'veux pas qu'on me voie avec vous dans l'magasin...".
(22 minutes et 45 secondes plus tard...)
- Le vendeur: "Bon voilà, nous disons donc: 3 paires de ski, de bâtons, de chaussures de ski et un forfait "remontées mécaniques" pour une durée de deux jours; ce qui nous fait un total de 825,98E par jour et par personne. Comment comptez-vous régler?"
- No: "Avec ma carte."
- Dib: "Avec du cash, ma gueule!"
- Mochman: "Euh... avec difficultés...".
Comme bien souvent dans les moments qui précèdent une nouvelle expérience, l'hésitation fut de mise et il se révéla alors de bonne aloi d'avoir eu à nos côtés une aide attentive et attentionnée qui sût trouver les mots justes pour nous aider à franchir le pas...
- Flo: "Bon, est-ce que l'un de vous a déjà skié?"
- Dib: "Non, mais resquillé dans le métro, ça oui!"
- Mochman: "Euh... moi j'ai débloqué tous les personnages secrets à SSX Snowboard sur PS2. J'sais pas si ça compte..."
- No: "Moi, j'ai un pote qui fait de l'alpinisme en plaine..."
- Flo: "Pfffou... Elle va être longue, cette connasse de journée... Bon, vous allez essayer de bien enregistrer ce que je vous dis: vous êtes en haut des pistes, démerdez-vous pour être en bas avant la fermeture. Voilà."
- Mochman: "C'est tout?"
- Flo: "Non: si vous voulez, vous pouvez passer par la promenade du Bois Noir, c'est sympa..."
- Mochman: "Y'a des putes au moins dans ton bois?"
- Flo: "...".
(après une brêve concertation...)
- Dib: "Flo, ça te gêne si on commence par faire un peu de luge?"
- Flo: "Tu t'fous d'ma gueule, trou du cul?"
- No: "Mais non, t'inquiète pas, il plaisante. On va plutôt faire un p'tit bonhomme de neige, histoire de voir la texture du sol aujourd'hui."
- Flo: "Et mon poing dans la gueule pour apprécier la texture de mes gants, ça t'dit?"
- Mochman: "Euh... Flo? J'me sens pas top là tout de suite. Ca doit être le prix de la location du matériel qui m'reste en travers de la gorge..."
- Flo: "Oh, je vois mais il fallait le dire. Pourquoi ne m'as-tu pas simplement demandé un coup de main?"
- Mochman: " Tu sais, ce que c'est... les problèmes d'argent..."
- Flo: "Pas vraiment, non..."
- Mochman: "J'osais pas trop t'ennuyer avec ça..."
- Flo: "Un conseil: n'ose toujours pas, bipède détritique! Sauf si l'usage de tes membres inférieurs te paraît superfaitatoire et que la perspective de découvrir les joies du ski handisport te ravit...".
Malgré les conseils avisés de notre moniteur particulier qui s'en était déjà allé pour s'addoner à sa passion sur des versants autrement plus pentus que celui sur lequel il nous avait abandonnés, l'appréhension demeurait en nous tel l'implacable bourreau prêt à faucher l'outrecuidant trop prompt à se rire des dangers de la montagne...
- No: "Bon les mecs, j'ai été heureux de faire votre connaissance. Je sais pas si c'est Jean-Pierre Raffarin ou Luc Alphand qui a dit "La pente est raide mais la route est droite", mais j'crois qu'on peut plus reculer..."
- Dib: "Vie monochrome aux émanations de souffre/ J'souffre et souffle ma haine avant d'plonger dans ce gouffre/ Descente dans les fourneaux glacés à la blancheur maladive/ Mal hâtif qui m'ronge, la peur plus que la douleur m'invective! Allez, fuck tout ça, j'me lance! Hamdek mec!..."
- Mochman: "Les gars, vu ce que je viens de délester dans mon slip, j'crois qu'vaut mieux qu'vous partiez sans moi... J'vous ralentirais salement, c'est le mot..."
- No: "Arrête tes conneries, Nico. Ca peut pas être aussi grave que tu l'dis..."
- Mochman: "Bon OK, j'dis pas: c'est super agréable d'avoir un truc chaud qui te coule le long de la jambe mais bon là, c'est plus la couleur qui m'inquiète. Regarde..."
- No: "Ouh salaud! En effet... Ben, ne le laisse pas trop à l'air libre, c'est peut-être radioactif ton truc... Et comme, les ours ont l'odorat fragile dans le coin et qu'en plus le fan club de René Marquez traîne dans les parages, j'suis pas sûr que ce soit bon pour les plantigrades du coin et pour l'écosystème de la région en général, tout ça..."
- Mochman: "Oh foutre de merde! Ca a débordé de la chaussure!"
- No: "C'est marrant, on dirait une coulée de boue... qui pue...".
D'émotions fortes en émotions fortes, la journée nous parut n'avoir duré que trop peu de temps, tant il est vrai que l'ivresse des sommets gagne aisément le néophyte non averti, et tous rivalisions déjà d'anecdotes et autres pensées que nous avaient suggérées ces instants de grâce sportive...
- Flo: "Bon alors, 1,2,3... le compte est bon! J'ai mes trois blaireaux. So what?"
- Dib: "Si la montagne est la catin qu'elle a l'air d'être, dis toi qu'j'lai tellement niquée qu'mon ski sans protection l'a forcément engrossée!"
- Flo: "No?"
- No: "Il me semble... enfin, je crois... je ne suis pas sûr... que les moniteurs de ski s'arrêtaient sur mon passage pour prendre des notes et que l'un d'eux s'est même évanoui... Obligé de lui faire l'amour pour le réanimer."
- Flo: "Nico?"
- Mochman: "Ben... moi, j'ai une p'tite confession à te faire. Je crois qu'jai laissé des traces de mon ADN un peu partout sur la piste rose..."
- Flo: "Quoi? Tu veux dire que c'est ton sperme qu'on a retrouvé pendant sur le bonnet du p'tit champion de l'école de ski?"
- Mochman: "Bon alors, j'ai deux p'tites confessions à te faire...".
Après le spectacle grandiose offert par ce théâtre gelé et immaculé au sein duquel nombre de petits bourgeois glissait majestueusement, quelle fut notre surprise de nous voir conviés par notre hôte à profiter des bienfaits réparateurs d'une séance de soins privés dans un hôtel particulier de la station...
- Flo: "Bon, je vous laisse tout découvrir par vous même. Juste une chose: si vous croisez des clients de l'hôtel, pour l'amour de Dieu, faites semblants d'être intelligents et riches...".
(peu après, dans le jacuzzi, en compagnie de Mme La Comtesse De La Boustiffaillère...)
- Mochman: "Et c'est pour cela, très chère, que, depuis ce malheureux incident, je ne me lave plus que dans des baignoires remplies de caviar. HAHAHA!"
- La Comtesse: "Ô M. Crawford, vraiment, et je dis ça sans aucune flagornerie, vous êtes de ces trop rares personnes qu'il est agréable de côtoyer dans ce monde superficiel où l'hypocrisie est reine..."
- Mochman: "Vos mots caressent mon coeur telle l'étoffe de soie orientale qui court sur le corps dénudée d'une nubienne assoupie et me donnent à penser que le destin a sciemment voulu que se croisent nos parcours respectifs..."
- La Comtesse: "Assurément. Et ce jacuzzi, toutes ces bulles aux senteurs si épicées, quel plaisir... Moi qui croyait qu'il était en panne..."
- Mochman: "Mais il est en panne...".
(encore après, dans le sauna, au coté de Son Altesse Sérénissime Mummiah Abdul Jawad El-Kaoutar IIIème du nom...)
- Mochman: "Et à ce moment-là, je lui ai dit que ses puits de pétrole étaient aussi fertiles qu'un chameau castré! HAHAHA!"
- S.A.S.: "Ah mon ami! Vraiment, je ne regrette pas d'être venu passer quelques jours dans cet établissement."
- Mochman: "Moi de même et puisque vous m'êtes fort sympathique, je m'en vais vous faire présentement une révélation: il est de notoriété publique que cet hôtel foisonne de call-girls et autres hôtesses de luxe..."
- S.A.S.: De tels bruits me sont effectivement parvenus, oui..."
- Mochman: "Eh bien, l'une d'entre elles était là ce soir - une débutante à la peau bronzée - et, avec mes amis, nous l'avons... enfin, vous voyez, hum hum..."
- S.A.S.: "C'est bizarre: ma fille est venue me trouver, en larmes, en se plaignant d'avoir été violée sauvagement dans les vestiaires par quatre délinquants..."
- Mochman: "Ah oui... C'est marrant ça..."
- S.A.S.: "Oui, très. Et parmi eux, il y en avait un très moche qui l'a agressée très bizarrement: il s'auto-pénétrait avec une banane tout en imitant le cri du bouc en rût pendant l'acte..."
- Mochman: "Mmmhhh... Etrange, en effet... Veuillez m'excusez, il me faut vous quitter."
- S.A.S.: "Naturellement, Monsieur... Monsieur?"
- Mochman: "Oui?"
- S.A.S.: "Vous oubliez votre banane.".
Grandement ragaillardis par la cure réparatrice et revitalisante improvisée au 7ème étage de l'hôtel particulier où notre hôte a (toujours) ses habitudes, le véritable festival culinaire qui nous attendait constitua la cerise sur le gâteau d'une journée exceptionnelle; et le tout dans une ambiance des plus conviviales...
- Flo: "Bon alors, j'vous préviens tout d'suite: j'me suis pas cassé l'cul, c'est du surgelé, ça pue mais le premier qui a un truc à dire, j'lui fous les couilles dans le presse-agrumes et promis, on les mettra en condiments pour accompagner la salade!"
- No: "Mais non, pas la peine. Rien qu'à l'odeur, ça a l'air... euh, comestible. Quelqu'un vient d'en lâcher une ou quoi?"
- Dib: "Non mec. J'crois que c'est le truc que t'as dans ton assitte qui refoule ça comme! Bizarre d'ailleurs, ce poisson: c'est moi ou il a une plume qui pend sous la nageoire?"
- Mochman: "C'est peut-être un poisson volant..."
- Flo: "T'arrêtes de dire des conneries ou tu le prends en travers de la gueule, le poiscaille!"
- Mochman: "C'est peut-être un poisson violent alors..."
- Flo: "Attention..."
- Mochman: "Pardon mec. Mais moi, c'est plus ses griffes qui m'gênent... J'peux voir la boîte s'te plaît?"
- Flo: "Tiens, connard et la garde pas pour te faire un abri pour cet hiver. Sinon, tu laisseras une partie de ta descendance dans ce joli presse-agrumes..."
- Mochman: "T'inquiète. Ah, on aurait dû s'en douter. "Péché en mer Doku, dans la province d'El Hach-Yass au Mali... Y'a pas des tonnes d'eau là-bas..."
- No: "J'bouffe pas cette merde!"
- Dib: "Pas moyen qu'j'mouille un chicot dans cette ripaille de taulard/ J'maularde ma gerbe, et le dégoût qu'm'inspire cette bouffe de SMICards/ J'encule Monsieur Marie et ses recettes préparées en Chine/ A base de chien plus 25 heures d'avion avant d'finir dans ma cuisine/ Non..."
- Flo: "Bon, je vous avais prévenus... Ramenez vos couilles par ici.".
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiXI- DIGESTION DEVANT LE POSTEiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
Bien que déplorant de manière unanime une légère sensation de vide douloureux au niveau de l'entre-jambes après ce banquet en altitude, nous ne pûmes que succomber, la panse pleine d'une saine nourriture, aux charmes aguicheurs du canapé et laisser notre lassitude aux soins bienfaiteurs d'une cure intensive de télévision...
- Flo: "Bon j'avais prévu un gros tournoi de PES 5 pour ce soir. Mais comme notre SDF préféré a voulu s'occuper de ça, histoire de se sentir un peu moins inutile, on se retrouve maintenant avec des jeux de Mega Drive et de Master System..."
- Mochman: "On dit premier gaou n'est pas gaouo... Ah non, c'est Magic System ça."
- Flo: "Putain, je te hais Nico. Vraiment."
- No: "Bah, pas grave. On n'a qu'à se faire un sujet de dissert' ou réviser nos cours de Finances Publiques à la place..."
- Flo: "Génial! Fais-moi penser à plus jamais t'inviter? Quoi d'autre?"
- Dib: "Moi j'ai la solution, rho, pour remédier à ta faille/ File moi une paille, une "credit card", tasse un bon rail, pécho une caille/ Quoi de mieux qu'un G.A.N.G.B.A.N.G. pour tuer la soirée/ Car d'la serrer à la lacérer, y'a qu'un pas que moi j'franchirais/ Ce soir si ya moyen..."
- Flo: "Et qui va se retrouver avec l'anus en étoile de shérrif? Parce que, même si ça l'enchanterait, je doute que ta mère ait le temps d'arriver à temps pour ce soir..."
- Mochman: "Mais non! On n'a qu'à faire un Action ou Vérité où à la fin on ferait des expériences et, à la fin, on s'lècherait les..."
- Flo: "STOP! Ta gueule! Va mourir une heure ou deux s'te plaît."
(après quelques minutes de réflexion...)
- Mochman: "On va matter les clips sur le câble... MCM... Tiens, ça c'est génial. MP Represent!"
- Flo: "Moi j'trouve que ça sent le cul un soir de chiasse, ton truc."
- No: "Clair! Moi j'ai encore mieux. Tiens, regarde là sur MTV, James..."
- Flo: "Pourquoi il chante comme ça? Il s'est assis sur un de ses testicules?"
- Dib: "Ravalez vos mélodies rasantes à la sauce rosbeef/ Rho j'kiffe les zik modiques et grinçantes de ce blanc bec chétif/ Un canif dans la gorge et un viol en guise d'apéritif/ Teste pas l'blacko qui pose avec lui, ils f'ront toujours la diff'/ Seth et Sef..."
- Flo: "Plus ça va, plus je vais finir par haïr ma propre race."
- Mochman: "C'est les Arabes qui vont être contents: ça leur f'ra du repos..."
- No: "Et aux Noirs aussi..."
- Dib: "Et aux Juifs..."
- Mochman: "Et aux gros..."
- No: "Et aux moches..."
- Dib: "Et aux lépreux..."
- Flo: "Quoi?"
- Mochman, No et Dib: "Non, rien..."
Repus après tel festin, la chaleur des chambrées, mêlée à cette sensation d'apaisement total qui règnait dans l'appartement, nous aida à sombrer progressivement dans un sommeil profond et serein; allongés sur l'une des deux couches que comptait la bâtisse...
(lit n°1, où la quiétude des lieux est troublée par un bruit de tissus froissés...)
- Mochman: "Hunnnnnn, hunnnnnn..."
- Flo: "Euh, connard?"
- Mochman: "Ouais?"
- Flo: "Qu'est-ce t'es en train d'faire, enfoiré d'fils de pauvres?"
- Mochman: "Ben, ça s'voit, non? J'me branle..."
- Flo: "Ouais, ça je le vois. Mais y'a rien qui t'gêne là?"
- Mochman: "Ben si, j'comprends pas: j'arrive pas à bander..."
- Flo: "Ben si tu veux y arriver, commence par prendre TA BITE, saloperie d'enculé!!!"
- Mochman: "Oups! Ma faute...".
(lit n°2, où la quiétude des lieux est troublée par un bruit s'apparentant à celui d'un moteur de Boeing 747 au décollage...)
- No: "RRRRRRRRRRRZZZZZZZZZZZ... RRRRRRRRRRRZZZZZZZZZZZ..."
- Dib: "Chuuut, bordel!"
- No: "RRRRRRRRRRRZZZZZZZZZZZ... RRRRRRRRRRRZZZZZZZZZZZ..."
- Dib: "T'a gagné: j'écris un "16 mesures"!"
- No: "Mmmph... Fais un peu moins d'bruit, David s'te plaît... Merci..."
- Dib: "Clik clik... Boom..."
Comme pour n'importe quelle histoire merveilleuse, la nôtre connut une fin qui fut unanimement jugée comme arrivant trop tôt...
- Flo: "Bon, les mecs, mes parents vont arriver dans 2 heures donc va falloir qu'vous bougiez; histoire que je puisse désinfecter l'appart."
- No: "OK..."
- Dib: "Wesh..."
- Mochman: "Ouais..."
(après 53 secondes d'un silence lourd de signification et d'émotion...)
- Flo: "Ben pourquoi vous restez planter là? Vous avez un truc à m'dire? Vous avez casser quelque chose ou quoi?"
- No: "Non, c'est juste qu'on voulait te dire "merci" pour tout."
- Dib: "La même, rouya!"
- Mochman: "Ouais...".
- Flo: "Euh... Vous êtes gay?..."
(s'en suivront des embrassades interminables, des sanglots haletants, des regards complices et... une orgie dans la neige avant de monter dans la voiture - qui me laisse d'ailleurs à penser que l'air de la montagne nous a peut-être fait virer de bord - ...)
Ainsi se clôt ce qu'il convient de qualifier de plus "fabuleuses aventures jamais vécues par un homme de son vivant ante-mortem en milieu montagneux"...
Une nouvelle fois, les mots viennent à se dérober au filtre de ma pensée et le présent compte-rendu de cette expérience hors-du-commun ne souffre que trop du manque de lettrage qui caractérise ma prose.
Néanmoins, d'un commun avis exprimé par les Quatre Quarts, une page du grand livre de la montagne et des sports neigeux a été tournée durant ces deux jours.
Chut, mon bébé...
PS: Aucune retouche à la photo illustrant le présent article... Juste une légère collision ayant opposé une dameuses à ma fragile personne...




